Ils échouent à des étapes différentes
Un site web échoue dès le départ : il doit être trouvé, il doit se charger et il doit inspirer suffisamment confiance pour que l'on puisse y saisir un numéro de carte. Chacune de ces étapes constitue un filtre, et une petite boutique perd des clients aux trois avant même que quiconque ait vu un produit.
Une Mini App évite ces trois obstacles, car elle s'ouvre dans une conversation où votre nom apparaît déjà. La question de la confiance était réglée avant même l'ouverture de la boutique, puisque l'acheteur échangeait déjà avec vous.
Une Mini App échoue elle aussi dès le départ, mais autrement : personne ne la trouve dans un moteur de recherche. Si vos clients viennent des moteurs de recherche, cela suffit à trancher et il vous faut un site web.
D'où viennent réellement vos acheteurs
C'est ce qui permet de décider, et vous connaissez déjà la réponse. Si la plupart des commandes commencent par un message dans un canal, un groupe ou une discussion privée, la boutique doit être dans la messagerie. Si la plupart commencent par une recherche, la boutique doit être sur le web ouvert.
De nombreux petits vendeurs sont dans le premier cas, mais conçoivent leur boutique pour le second, car un site web correspond à l'image que l'on se fait d'une boutique. Ils passent ensuite un an à essayer d'envoyer leur propre communauté vers une page qu'elle n'a jamais demandée.
Un test rapide : examinez vos vingt dernières commandes et notez d'où venait le premier message. Cette liste vous donnera la réponse, et elle est plus fiable que n'importe quel conseil sur ce dont une boutique a besoin.
Ce que chacun coûte à entretenir
Un site web coûte un nom de domaine, un hébergement et l'après-midi annuel consacré à réparer ce qui ne fonctionne plus, sans compter le thème ou l'extension qu'il faut maintenir à jour. Aucun de ces éléments n'est cher en soi. C'est l'attention exigée par la maintenance qui coûte, et une boutique gérée par une seule personne ne dispose que d'un temps limité à y consacrer.
Une Mini App ne coûte que le forfait, rien de plus : aucun nom de domaine, aucun certificat et aucune page de paiement distincte à entretenir. Le forfait gratuit comprend 10 produits, 150 commandes par mois et une vitrine, ce qui permet de faire un véritable essai plutôt qu'une simple démonstration, et le forfait supérieur coûte $19/mo.
L'effet de chacun sur l'étape d'achat
Sur un site web, l'acheteur saisit une adresse, un e-mail et les données de sa carte dans un formulaire qu'il n'a encore jamais vu. Dans une Mini App, il est déjà identifié grâce au compte depuis lequel il échange avec vous. La commande arrive donc avec son nom et son nom d'utilisateur, et cela fait un formulaire de moins à abandonner.
En contrepartie, l'argent circule différemment. Par défaut, les commandes de la Mini App sont traitées par le vendeur. Le paiement s'effectue donc entre vous et l'acheteur, sauf si vous activez les paiements par carte avec votre propre bot dans le cadre d'un forfait payant. Dans ce cas, l'argent est versé sur votre propre compte Stripe.
Les limites réelles d'une Mini App
Elle fonctionne dans Telegram, donc un client qui n'utilise pas Telegram ne peut pas s'en servir. Elle ne vous apportera aucun trafic issu des moteurs de recherche et ne sera classée pour aucune requête. Enfin, elle reprend l'apparence de Telegram, ce qui renforce la confiance, mais devient une contrainte si votre marque repose sur un univers visuel particulier.
Voilà les compromis à connaître, et mieux vaut les exposer avant de faire votre choix que les découvrir au troisième mois.
Vous pouvez utiliser les deux
Rien n'empêche une boutique d'avoir un site web pour les moteurs de recherche et une Mini App pour les personnes qui se trouvent déjà dans la messagerie. Ils ne s'adressent pas au même acheteur.
L'erreur consiste à créer d'abord le site web, puis à demander aux personnes présentes dans la messagerie d'aller le chercher. Servez les acheteurs que vous avez déjà là où ils se trouvent, puis développez une solution pour ceux que vous n'avez pas encore.